Homéopathie

Mise à jour : septembre 2026

Principes de base de l’homéopathie

Loi de similitude et de l’infinitésimalité

Le principe de similitude, initialement énoncé par Hippocrate (460-350 avant J.C.), puis transcrit sous sa forme latine « Similia, similibus curantur » (« les semblables sont soignés par les semblables »), fut redécouvert par Samuel Hahnemann (1755-1843) en 1796.

Celle loi peut s’interpréter de la façon suivante :

  • Toute substance pharmacologiquement active provoque chez l’individu sain et sensible un ensemble de manifestations qui est caractéristique de cette substance.
  • Tout individu malade présente un ensemble de symptômes morbides qui est caractéristique de sa maladie.
  • La suppression des symptômes morbides, peut être obtenue par l’absorption, à dose faible ou infinitésimale de la substance dont les effets expérimentaux chez le sujet sain et sensible sont semblables aux symptômes du malade.

L’homéopathie est une méthode thérapeutique qui met en application la loi de similitude en utilisant des substances à visée médicamenteuse à doses faibles ou infinitésimales.

Toute substance capable, à dose pondérale, de provoquer des symptômes chez un individu sain peut, à dose infinitésimale, guérir ces mêmes symptômes chez un individu malade. 

L’individualisation et la globalité

L’homéopathie est une thérapeutique individualisée ; le choix d’un médicament est fonction du patient et de ses réactions ; il sera pour une même pathologie, différent d’un patient à l’autre.

L’homéopathie s’intéresse à l’individu dans sa globalité : le traitement homéopathique ne dépend pas seulement des caractéristiques de l‘individu mais aussi des symptômes. En homéopathie, les maladies et les symptômes sont dus à un déséquilibre de l’organisme, et une tentative de celui-ci de retrouver l’équilibre initial. Le but de l’homéopathie est donc de rééquilibrer l’organisme en profondeur et non de seulement traiter les symptômes.

Préparations homéopathiques

Définition

Les préparations homéopathiques sont obtenues à partir de substances, de produits ou de préparations appelés souches selon un procédé de fabrication homéopathique. Une préparation homéopathique est généralement désignée par le nom latin de la souche suivi du degré de dilution.

(Ph. Fr. 11è édition Ed., Monographies préparations homéopathiques N°1038)

Guide pour l’élaboration de monographies pour préparations homéopathiques (DEQM – Direction européenne de la qualité du médicament & soins de santé)

Les matières premières

Les matières premières utilisées pour la fabrication de préparations homéopathiques sont d’origine végétale, chimique et minérale ou animale. II doit être démontré que les matières premières d’origine animale sont exemptes de tout agent pathogène. Les végétaux doivent être exemptés de produits pesticides, elles ne doivent pas être génétiquement modifiées. C’est à partir de 4 CH que l’on parle d’homéopathie. Par ailleurs, un dossier de sécurité virale est exigé pour toute nouvelle demande d’AMM.
Elles satisfont aux exigences des monographies de la Pharmacopée.

Souches

Substances, produits ou préparations utilisés comme matières premières pour la fabrication des préparations homéopathiques (Ph. Eur.). Dans le cas de matières premières d’origine végétale, animale ou humaine, il s’agit généralement d’une teinture mère ou d’un macérât glycériné ; dans le cas de matières premières d’origine chimique ou minérale, il s’agit généralement de la substance elle-même.

Les teintures mères sont des préparations liquides, obtenues par l’action dissolvante d’un véhicule approprié sur des matières premières. Ces dernières sont généralement utilisées à l’état frais ou parfois sous forme desséchée. Elles peuvent également être obtenues à partir de sucs végétaux avec ou sans addition de véhicule.  Elles sont obtenues par macération, en utilisant généralement l’alcool de titre approprié.
Une teinture mère est désignée par le symbole TM. 

Teintures mères (Ph. Eur. – Monographie : Teintures mères pour préparations homéopathiques (2029))

Déconcentrations

Les dilutions et triturations sont obtenues à partir des souches par déconcentration selon un procédé de fabrication homéopathique, c’est-à-dire par dilutions et dynamisations successives pour les préparations liquides, et par triturations appropriées successives pour les préparations solides (cas des substances insolubles comme Arsenicum album, Phosphorus, Sulfur…).

Les opérations de déconcentration correspondent généralement à :

  • Des dilutions décimales : 1 partie de souche et 9 parties de véhicule. Elles peuvent être désignées par «D», «DH» ou «X» (décimal). Ex : 3 DH ou 3X=3e décimale
  • Des dilutions centésimales : 1 partie de souche et 99 parties de véhicule. Elles peuvent être désignées par «C» ou «CH» (centésimal). Ex : 3CH= 3e centésimale

Déconcentrations liquides

2 étapes indissociables :

  • La dilution : deux modes de dilution existent : on parle de préparations hahnemanniennes ou korsakoviennes.
  • La dynamisation : il s’agit d’une agitation standardisée spécifique à la préparation homéopathique qui consiste à agiter la solution à chaque nouvelle dilution.

Déconcentrations hahnemanniennes (H)

C’est la méthode des flacons multiples ou séparés définie par la monographie de la Pharmacopée Française depuis 1965 et reprise par la Pharmacopée Européenne. Pour ces différentes déconcentrations un certain nombre de règles existent :

  • la première dilution est effectuée suivant un rapport masse/volume.
  • pour cette première dilution le solvant peut être, selon la souche, un alcool de titre divers ou de l’eau purifiée.
  • les dilutions suivantes sont réalisées en volume/volume.

En France, la déconcentration maximale autorisée est la dilution 30 CH.

Schéma du principe de la dilution hahnemannienne

Déconcentrations korsakoviennes (K) 

C’est la méthode de dilution dite « en flacon unique ». Elle fut mise au point par Semion Nikolaïevitch Korsakov (1788-1853). 

Son protocole est le suivant : 

On place dans un flacon de grandeur et type définis 99 parties du solvant et on y ajoute une partie de la souche à diluer. On agite vigoureusement pour mélanger le contenu puis on vide le flacon tout en agitant de façon à éliminer le maximum de son contenu. II persiste sur les parois du flacon une quantité de solution considérée comme une partie de la première dilution. La dilution obtenue lors du nouveau remplissage est une dilution au 1/100.

Schéma du principe de la dilution korsakovienne

Les dilutions korsakoviennes les plus courantes sont la 200K (exemple : foie et cœur de canard de Barbarie dans Oscillococcinum®), 1000K, et 10 000K.

Les dilutions korsakoviennes sont généralement délivrées dans les atténuations 6K, 12K, 30K, 200K, 1000K, 10 000K, 50 000K et 100 000K sous forme de tubes et doses unitaires magistraux.

Déconcentrations solides : triturations 

Des triturations sont réalisées :

  • dans le cas de la déconcentration d’une substance solide insoluble par addition de lactose dans la proportion 
  • d’une partie de produit pour 9 parties de lactose = décimale
  • d’une partie de produit pour 99 parties de lactose = centésimale
  • pour incorporer un liquide dans un mélange de poudres par addition de 9 ou 99 parties de lactose.

Les souches solides insolubles sont ensuite mises en solution à partir de la déconcentration 3 CH (ou 4 CH pour les métaux).

Le médicament homéopathique

« tout médicament obtenu à partir de substances appelées souches homéopathiques, selon un procédé de fabrication homéopathique décrit par la pharmacopée européenne, la pharmacopée française ou, à défaut, par les pharmacopées utilisées de façon officielle dans un autre Etat membre de l’Union européenne. Un médicament homéopathique peut aussi contenir plusieurs principes  ».

(Art. L. 5121-1, alinéa 11 et art. L. 5121-13 du CSP)

« Les médicaments homéopathiques satisfont à toutes les conditions énumérées ci-dessous :

  • 1°   administration par voie orale ou externe ; 
  • 2° absence d’indication thérapeutique particulière sur l’étiquetage ou dans toute information relative au médicament ; 
  • 3°  degré de dilution garantissant l’innocuité du médicament ; en particulier, le médicament ne peut contenir ni plus d’une partie par 10 000 de la teinture mère, ni plus d’un centième de la plus petite dose utilisée éventuellement en allopathie, pour les principes actifs dont la présence dans un médicament allopathique entraîne l’obligation de présenter une prescription médicale. »

Ces médicaments, dépourvus d’indication thérapeutique, conformément au principe d’individualité propre à l’homéopathie, bénéficient d’une procédure d’enregistrement simplifiée.

Article Attachments