Le dossier pharmaceutique
La coopération entre professionnels de santé est centrale et essentielle, car toute activité du pharmacien au service du patient ou de la santé publique n’a de sens que si elle est reliée à un principe général qui pourrait s’énoncer ainsi : « travailler ensemble au service du patient ».
À cette fin, le pharmacien dispose de plusieurs outils.
En tout premier lieu, le dossier pharmaceutique (DP), qui est un parfait outil de coopération, de sécurisation, et de coordination entre les professionnels de santé. En effet, sur ce document électronique figure l’historique médicamenteux de l’année écoulée (3 ans pour les médicaments biologiques), ce qui en fait un instrument de lutte contre l’iatrogénie et sécurise la dispensation des médicaments, à la fois en ville comme à l’hôpital. Y figure aussi l’historique vaccinal, qui reste visible 21 ans, et qui rend le DP indispensable à la prévention de grandes maladies infectieuses et tend à améliorer la couverture vaccinale. La loi d’accélération et de simplification de l’action publique a rendu l’ouverture du dossier pharmaceutique automatique en 2023 (Ministère de l’Intérieur).
Le dossier médical partagé
Le DP est désormais intégré dans “Mon espace santé“. Véritable carnet de santé numérique, il permet aux professionnels de santé, mais également au patient lui-même, d’alimenter le dossier d’un individu. Il s’agit de l’évolution et de la transformation du dossier médical partagé (DMP), lancé à l’automne 2018. Disponible pour tout citoyen français, Mon espace santé permet, en plus des outils du DMP améliorés, l’accès à une messagerie sécurisée, à un agenda de santé, au catalogue de services numériques de santé, etc. Le patient reste maître de ses informations médicales, et peut octroyer un droit d’accès plus ou moins restreint selon le professionnel de santé considéré. Figurent sur cet espace numérique les ordonnances, analyses biologiques, compte-rendus médicaux, vaccinations, etc.
La messagerie sécurisée
Afin de préserver ce secret professionnel et favoriser les échanges entre professionnels de santé, le pharmacien s’assure d’utiliser pour ces échanges, une messagerie sécurisée de santé qui permet des échanges d’informations protégés avec l’accord du patient (par exemple Mailiz®, proposée par les Ordres professionnels ou MonSisra).
La téléconsultation
Depuis le 6 décembre 2018, les pharmaciens sont en mesure de proposer des téléconsultations médicales depuis leur officine. Ce nouveau service nécessite la mise à disposition de matériel adapté (vidéotransmission avec le praticien et certains objets tels qu’un tensiomètre, un oxymètre, un stéthoscope et otoscope connectés), le tout dans un local confidentialité (voir arrêté du 2 septembre 2019 et site ameli.fr).
De la même façon que le pharmacien perçoit une rémunération, le patient verra cette téléconsultation remboursée, au même titre qu’une consultation physique chez son propre médecin, dès lors que le parcours de soins sera respecté. L’objectif premier de la téléconsultation à l’officine est de répondre aux besoins médicaux dans les zones sous-denses et ainsi faciliter l’accès aux soins.
Le télésoin
Le télésoin est une forme de pratique de soins à distance utilisant les technologies de l’information et de la communication. Il met en rapport un patient avec un ou plusieurs pharmaciens ou auxiliaires médicaux dans l’exercice de leurs compétences. Dès lors que le soin ne nécessite pas particulièrement de contact présentiel ou de matériel spécifique, le télésoin peut être envisagé par le pharmacien. Néanmoins, « le recours au télésoin relève d’une décision partagée du patient et du professionnel réalisant le télésoin » (décret du 3 juin 2021).
La Haute autorité de santé a publié un guide pour assurer la qualité et la sécurité du télésoin.
Consulter le Guide pratique de l’activité officinale (CCA)