Définitions
Dans l’acception actuelle, les termes de phytothérapie et aromathérapie désignent, de façon restrictive, deux aspects de la thérapeutique par les plantes. La phytothérapie est, au sens étymologique, « la thérapeutique par les plantes » et le terme de phytothérapie pourrait, en effet, s’appliquer à l’utilisation thérapeutique de tous les végétaux, ainsi qu’à celle des constituants actifs qui en sont extraits.
Aujourd’hui, on oublie que de grands médicaments comme la morphine, la codéine, la quinine ou la digoxine sont d’origine végétale et on ne parle de phytothérapie que lorsqu’on utilise la drogue végétale dans sa globalité ou sous des formes galéniques en excluant les principes actifs issus de celles-ci.
La phytothérapie correspond au traitement des pathologies bénignes par les plantes médicinales. C’est une thérapeutique familiale, de conseil et d’automédication, à visée symptomatique, parfois préventive. Elle répond à des principes allopathiques.
Le terme aromathérapie est un néologisme inventé en 1936 par le chimiste lyonnais René-Maurice Gattefossé (1881-1950) pour désigner la thérapeutique par les huiles essentielles (H.E.) extraites de drogues végétales. Il ne sous-entend pas une phytothérapie qui userait des drogues « aromatiques » ou de leurs formes galéniques. L’aromathérapie est une branche de la phytothérapie qui utilise les huiles essentielles officinales. Le rapport bénéfice/risque de sa pratique doit faire l’objet d’une attention particulière.
Prenons un exemple simple : si on soigne une affection bronchique par un sirop à base de teinture d’eucalyptus, on fait de la phytothérapie ; si on soigne la même affection avec des gélules d’HE d’eucalyptus, on pratique l’aromathérapie.
Phytothérapie
Les matières premières
La phytothérapie utilise donc des plantes médicinales, dépourvues de toxicité dans des conditions normales d’utilisation, en nature ou sous des formes galéniques diverses, officinales ou non.
Plantes médicinales – drogues végétales
Une plante est dite médicinale lorsqu’au moins une partie possède des propriétés médicamenteuses ; elle peut avoir également des usages alimentaires ou condimentaires ou encore servir à la préparation de boissons hygiéniques.
Les plantes sont désignées par leur nom français suivi de leur nom en latin. En effet, seule la dénomination binominale latine (nom du genre suivi du nom d’espèce) est scientifiquement et internationalement reconnue. Elle permet d’éviter les erreurs dont voici quelques exemples :
- Verveine désigne généralement la Verveine odorante : Aloysia triphylla Royle, Verbenaceae (= Lippia citriodora H.B. & K.), vendue en officine, à caractère alimentaire, mais aussi la Verveine officinale (Verbena officinalis L., Verbenaceae) européenne, exclusivement médicinale.
- Ortie désigne :
- Soit le Lamier blanc (Ortie blanche) Lamium album L., Lamiaceae,
- Soit les Orties piquantes : Urtica urens L. et Urtica dioica L., Urticaceae, dont la racine et les feuilles ont des emplois médicinaux distincts.
- Laurier peut engendrer des confusions dangereuses :
- Laurus nobilis L. = Laurier noble (Laurier sauce), Lauraceae, aux feuilles et baies condimentaires et médicinales ;
- Prunus laurocerasus L. = Laurier cerise, Rosaceae, toxique ;
- Nerium oleander L. = Laurier rose, Apocynaceae, très toxique ;
- Viburnum tinus L. = Laurier tin, Caprifoliaceae, plus ou moins toxique.
On pourrait citer d’autres confusions courantes concernant : Lavandes, Menthes, Sauge, Lierres, Pervenches, etc. sans parler des risques encore plus importants s’il s’agit de plantes exotiques désignées uniquement par leurs noms vernaculaires (plantes chinoises par exemple). À un seul nom français correspondent, parfois, plusieurs noms d’espèces en latin. En effet, plusieurs espèces différentes du point de vue botanique peuvent être regroupées sous un même nom français.
Ex : l’aubépine : 2 espèces Crataegus laevigata (à 2 ou 3 styles) et Crataegus monogyna (à 1 style) ayant des propriétés thérapeutiques identiques mais étant différentes du point de vue botanique.
D’autre part, il existe des synonymes en fonction du nombre d’auteurs ayant décrit l’espèce « officiellement » ; d’où la nécessité – pour être précis – de faire suivre le nom de l’espèce par l’initiale ou le nom en abrégé de cet (ces) auteur(s) : par exemple L. pour désigner Carl von Linné.
La Pharmacopée Européenne (07/2017:1433), opposable dans les pays de l’Union européenne, définit les drogues végétales utilisées en l’état « comme étant essentiellement des plantes, parties de plantes ou algues, champignons, lichens, entiers, fragmentés ou coupés, utilisés en l’état, soit le plus souvent sous forme desséchée, soit à l’état frais. Certains exsudats n’ayant pas subi de traitements spécifiques sont également considérés comme drogues végétales. Les drogues végétales doivent être définies avec précision par la dénomination scientifique botanique (genre, espèce, variété, auteur) ».
L’article L.4211-1 du Code de la Santé Publique définit le monopole du pharmacien. Cet article précise qu’est réservée aux pharmaciens la vente des plantes médicinales inscrites à la Pharmacopée.
Pour être reconnue comme « médicinale » une plante doit être inscrite, soit à la Pharmacopée Européenne, soit à la Pharmacopée Française.
La Pharmacopée européenne répertorie de nombreuses monographies de plantes médicinales au chapitre «drogues végétales».
Un guide pour l’élaboration des monographies de DROGUES VÉGÉTALES ET PRÉPARATIONS À BASE DE DROGUES VÉGÉTALES a été édité en 2023 par la Direction européenne de la qualité du médicament & soins de santé (DEQM – EDQM).
La Pharmacopée française, disponible en ligne sur le site de l’ANSM, propose deux listes de plantes médicinales, publiées depuis 1993, puis régulièrement révisées:
- Une liste A comprenant environ 490 plantes médicinales utilisées traditionnellement en France (métropolitaine et outre-mer) ou dans les médecines traditionnelles chinoise ou ayurvédique ; quelques-unes sont explicitement désignées comme toxiques et ne sont employées qu’en usage local, ou exclusivement sous forme de dilutions homéopathiques.
Sur la liste A sont identifiées de plus des plantes pouvant avoir également des usages alimentaires et/ou condimentaires qui peuvent de ce fait être vendues en dehors du circuit officinal sous le statut de denrée alimentaire sans revendication possible toutefois d’une indication thérapeutique.
- Une liste B d’environ 170 plantes médicinales (espèces ou genres botaniques) utilisées traditionnellement en l’état ou sous forme de préparation et dont les effets indésirables potentiels sont supérieurs au bénéfice thérapeutique attendu. Ces plantes ne peuvent être vendues en état, y compris par les pharmaciens. En revanche, sous réserve du respect de la réglementation propre aux médicaments homéopathiques notamment des exigences de dilution, elles peuvent servir à la préparation de médicaments homéopathiques et sont vendues exclusivement par les pharmaciens.
Des plantes utilisées, en médecine traditionnelle européenne et issues de la Pharmacopée des outre-mer, en médecine traditionnelle chinoise et en médecine traditionnelle ayurvédique ont été inscrites sur ces listes. Dans ces deux listes, et pour chaque plante médicinale, il est précisé le ou les noms français de la plante, le nom scientifique actuellement admis et les synonymes, la famille botanique, la partie utilisée avec l’origine de son usage traditionnel et s’il y a un usage cutané et, dans le cas de la liste A, la ou les parties de la plante connues pour leur toxicité. Sur la liste A sont identifiées de plus les plantes pouvant avoir également des usages alimentaires et/ou condimentaires. Elles peuvent être vendues en dehors du circuit officinal, sous le statut de denrée alimentaire, sans revendication possible toutefois d’une indication thérapeutique.
Il est à noter que les listes de la Pharmacopée ne sont pas figées : la liste A peut accueillir des plantes nouvellement connues pour leurs propriétés médicinales (plantes d’outre-mer, plantes chinoises, etc.) ; au contraire, des plantes qui ont montré une certaine toxicité peuvent passer sur la liste B (ex. Germandrée petit chêne).
Mais l’article L.4211-1 du CSP ne vise que les plantes médicinales, c’est-à-dire celles qui sont présentées comme possédant des propriétés curatives ou préventives à l’égard des maladies ; ce sont uniquement ces plantes qui, sauf dérogation, sont réservées à la vente par un pharmacien.
Ainsi, on peut citer un certain nombre de dérogations (sortie du monopole pharmaceutique) :
- Le décret n°2008-841 du 22 août 2008 relatif à la vente au public des plantes médicinales inscrites à la Pharmacopée et modifiant l’article D. 4211-11 du code de la santé publique autorise la vente hors circuit pharmaceutique de 148 d’entre elles, à condition qu’il ne soit pas fait mention d’indications thérapeutiques. Les formes autorisées hors officine sont précisées pour chacune («en l’état», éventuellement en poudre ou sous forme d’extrait aqueux).
- L’arrêté du 24 juin 2014 établissant la liste des plantes, autres que les champignons, autorisées dans les compléments alimentaires et les conditions de leur emploi
a établi une liste comportant 541 espèces, soit un peu plus de 1000 drogues végétales, dont beaucoup ont une activité pharmacologique notable et un emploi parfois strictement médicinal. Ce texte ne mentionne quasiment aucune restriction en termes de formes autorisées dans des compléments alimentaires.
Aujourd’hui le statut d’un ingrédient, sa présence possible dans un complément alimentaire peut être vérifiée sur le site gouvernemental : https://compl-alim.beta.gouv.fr/accueil
Une dernière dérogation qui tend à disparaître aujourd’hui est le droit d’exercice, leur vie durant, pour les titulaires du diplôme d’herboriste. Ce diplôme a été supprimé en 1941.
Les plantes médicinales à l’officine
Une zone bien différenciée doit leur être réservée dans l’officine. Lorsque les plantes médicinales ne sont pas fournies par un établissement pharmaceutique, le pharmacien doit vérifier l’identité et la qualité des plantes en se référant aux critères de la Pharmacopée. Le prélèvement de l’échantillon est primordial, il doit être représentatif du lot à contrôler ; on ne doit ainsi pas se contenter de ne prélever que sur le dessus de l’emballage.
Ne pas oublier de préciser, lors de la commande et sur l’emballage destiné au public, la partie de la plante qui constitue la drogue (plante entière, feuille, sommité fleurie, racine, graine, fleur, fruit, etc.).
A l’officine, chaque lot de plantes doit comporter une étiquette portant la date de réception, le nom de la plante, la partie de la plante et, si nécessaire, les essais qui ont été effectués. Enfin, rappelons que la division des drogues n’est pas favorable à une bonne conservation et peut entraîner une baisse plus rapide d’activité par rapport à la drogue entière.
C’est ainsi que les infusettes – quoique d’un emploi commode – possèdent une activité et une conservation moindres que la plante elle-même.
Médicaments de médication officinale à base de plantes
La Directive 2004/24/CE du Parlement européen et du Conseil du 31 mars 2004 modifiant, en ce qui concerne les médicaments traditionnels à base de plantes, la directive 2001/83/CE instituant un code communautaire relatif aux médicaments à usage humain réglemente ces médicaments au niveau de l’Union européenne.
Une cinquantainede spécialités à base de plantes (au 7 juillet 2026) figurent sur une liste établie par l’ANSM et régulièrement mise à jour, sont en accès direct au public et vendues sans ordonnance et non remboursées. Ces spécialités ont été sélectionnées selon des critères visant à garantir la sécurité sanitaire et la sécurité des patients, avec la liste des indications acceptées pour une mise devant le comptoir. Les indications retenues correspondent :
- Aux indications existantes dans les cahiers de l’Agence N°3 : Médicaments à base de plantes (1997) avec les numéros de référence ;
- A une nouvelle indication ;
- Aux indications existantes dans les monographies adoptées et publiées par le Comité sur les médicaments à base de plantes (HMPC) au sein de l’Agence européenne du médicament (EMEA).
Par rapport au cahier de l’Agence N°3, Il est ajouté dans les tableaux publiés, la durée du traitement et la population cible. Par exemple :
| N° code | Information au corps médical | Information au public | Durée de traitement | Population cible |
| 15 | Traditionnellement utilisé dans le traitement symptomatique des troubles fonctionnels de la fragilité capillaire cutanée, tels que ecchymoses, pétéchies. | Traditionnellement utilisé dans les manifestations de la fragilité des petits vaisseaux de la peau. | 15 jours | Adulte |
| 17 | Traditionnellement utilisé – dans les manifestations subjectives de l’insuffisance veineuse telles que jambes lourdes ; – dans la symptomatologie hémorroïdaire. | Traditionnellement utilisé en vue de diminuer les sensations de jambes lourdes ou les troubles hémorroïdaires. | 1 mois | Adulte |
| 23 | Traditionnellement utilisé dans les états séborrhéiques de la peau. | Traditionnellement utilisé dans les états séborrhéiques de la peau (peau grasse). | 1 mois | Adulte et adolescent de + de 12 ans |
Présentation utilisant les indications des cahiers de l’Agence n°-3
En cas de nouvelle indication :
| Indication thérapeutique | Durée de traitement | Population cible |
| Traditionnellement utilisé dans le traitement symptomatique des états anxieux mineurs et en cas de troubles mineurs du sommeil des adultes et des enfants | 1 mois | Adulte et enfant +6 |
Indications existantes dans les monographies adoptées et publiées par le Comité sur les médicaments à base de plantes (HMPC) au sein de l’Agence européenne du médicament (EMEA) :
| Indication thérapeutique | Durée de traitement | Population cible |
| Médicament traditionnel à base de plantes utilisé en préparation lénifiante pour soulager les symptômes dus à un inconfort gastro-intestinal modéré | 1 semaine | Adulte et adolescent +12 |
| Médicament traditionnel à base de plantes pour le traitement symptomatique des douleurs spasmodiques légères telles que les ballonnements et flatulences | 2 semaines | Adulte |
| Médicament traditionnel à base de plantes utilisé en tant qu’expectorant en cas de toux associée à un rhume | 1 semaine | Adulte et adolescent +12 |
| Médicament traditionnel à base de plantes pour le traitement symptomatique des spasmes mineurs pendant les règles | 2 semaines | Adulte et adolescent +12 |
| Médicament traditionnel à base de plantes pour soulager les symptômes modérés dus à de la tension nerveuse et faciliter le sommeil | 1 mois | Adulte et adolescent +12 |
Préparation de mélange pour tisanes
Une monographie Mélange pour tisanes pour préparations officinales a été intégrée le 1er août 2013 au Formulaire National de la Pharmacopée française. Elle permet aux pharmaciens d’officine de réaliser des mélanges de plantes pour tisanes, exclusivement présentés en vrac (= préparations officinales) sans prescription médicale.
Cette monographie indique que ces mélanges ne doivent pas dépasser 10 drogues végétales, dont :
- Pas plus de 5 drogues considérées comme substances actives, chacune devant au minimum représenter 10% (m/m) du mélange total,
- Pas plus de 3 drogues végétales pour l’amélioration de la saveur avec au total un maximum de 15% m/m du mélange total,
- Pas plus de 2 drogues végétales pour l’amélioration de l’aspect avec au total un maximum 10% m/m du mélange total).
Les drogues végétales utilisées comme substances actives ne peuvent être associées entre elles que :
- Si elles ont des propriétés médicamenteuses identiques ou complémentaires (classées de 1 à 24 selon leur domaine d’activité traditionnelle dans l’Annexe I) et ;
- Si les modes de préparation des tisanes avec la drogue seule sont identiques (macération, infusion, décoction).
Cette monographie précise également :
- la liste des plantes médicinales utilisées traditionnellement pouvant être utilisées ainsi que les associations possibles,
- la liste des drogues végétales pouvant être utilisées pour l’amélioration de la saveur des mélanges,
- la liste des drogues végétales pouvant être utilisées pour l’amélioration de l’aspect des mélanges.
Ne figurent sur ces listes que des plantes pour lesquelles il existe des monographies aux Pharmacopées française ou européenne.
- La taille de chaque lot de fabrication doit être comprise entre 100g et 3kg. En vue de la délivrance, ce lot peut être divisé.
- À la différence des autres préparations, la péremption n’est pas de 1 mois mais correspond à celle de la drogue végétale qui a la durée de conservation la plus courte.
- Les plantes médicinales utilisées doivent être conformes aux critères d’acceptation de la Pharmacopée.
La monographie indique les différents procédés d’obtention des tisanes et donne comme indication de posologie « Généralement la dose quotidienne est de 250 à 500ml pour une quantité mise en œuvre de 5 à 10g/L ».
Un mélange de plantes médicinales a le statut de préparation officinale.
Les plantes médicinales vendues en vrac ne sont pas des préparations.
Les formes galéniques
Les plantes, qu’elles soient ou non en mélanges, sont utilisées directement par le patient sous forme de tisanes préparées pour infusion, décoction etc. ou encore en compresses, lotions, bains, etc. Mais la phytothérapie utilise également une grande variété de préparations décrites à la Pharmacopée européenne dans la monographie « préparations à base de drogues végétales » n°1434 dont certaines récemment apparues visent à utiliser au maximum toutes les potentialités de la plante dans sa globalité.
« Les préparations à base de drogues végétales sont des produits homogènes obtenus en soumettant les drogues végétales à des traitements tels que l’extraction, la distillation, l’expression, le fractionnement, la purification, la concentration ou la fermentation ». Ces préparations sont des mélanges d’origine naturelle.
Citons notamment :
- les extraits fluides, mous, secs
- les huiles essentielles
- les nébulisats
- les teintures
- les alcoolatures
- les teintures mères utilisées en prescription allopathique
- les poudres « micronisées » de plantes en gélules, en comprimés
- les S.I.P.F. (suspensions intégrales de plantes fraîches)
- les phytols (extraits hydroglycoliques)
- les phytosols (digestés huileux de plantes stérilisées dans l’huile de tournesol)
- les P.V.S. (plantes vivantes stabilisées)
- autres : alcoolats, hydrolats, intraits, …
Extraits
Les extraits sont des préparations liquides (extraits fluides et teintures), de consistance semi-solide (extraits mous ou fermes) ou solide (extraits secs), obtenues à partir de drogues végétales généralement à l’état sec à l’aide de solvants appropriés.
Différents types d’extraits peuvent être distingués. Les extraits titrés sont ajustés avec une tolérance acceptable à une teneur donnée en constituants ayant une activité thérapeutique connue. L’ajustement du titre de l’extrait est obtenu au moyen d’une substance inerte ou en mélangeant des lots d’extraits. Les extraits quantifiés sont ajustés à une fourchette définie de constituants en mélangeant des lots d’extraits. Les autres extraits sont principalement définis par leur procédé de production (état de la drogue végétale à extraire, solvant, conditions d’extraction) et leurs spécifications.
Les extraits sont préparés par des procédés appropriés, en utilisant de l’éthanol ou d’autres solvants appropriés. Différents lots de drogue végétale peuvent être mélangés avant extraction. Les drogues végétales à extraire peuvent subir un traitement préalable (tel que le broyage).
Extraits fluides
Les extraits fluides quantifiés et “les autres extraits” sont des préparations liquides dont, en général, 1 partie en masse ou en volume correspond à 1 partie en masse de drogue végétale. Ces préparations sont ajustées, si nécessaire, de façon à répondre aux exigences de la teneur en solvants, et, dans les cas appropriés, en constituants.
Les extraits fluides titrés sont uniquement définis par leur teneur en constituants possédant une activité thérapeutique connue.
Les extraits fluides sont préparés en utilisant de l’éthanol de titre approprié ou de l’eau pour extraire la drogue végétale ou par dissolution d’un extrait sec ou mou (produit en utilisant la même concentration de solvant d’extraction que dans la préparation de l’extrait fluide par extraction directe) de la drogue végétale, soit dans l’éthanol de titre approprié soit dans l’eau.
Teintures
Les teintures quantifiées et “autres teintures” sont des préparations liquides généralement obtenues soit à partir de 1 partie de drogue végétale et de 10 parties de solvant d’extraction, soit à partir de 1 partie de drogue végétale et de 5 parties de solvant d’extraction.
Les teintures sont préparées par macération ou percolation en utilisant seulement de l’éthanol d’une concentration appropriée pour l’extraction de la drogue ou par dissolution d’un extrait sec ou mou de la drogue végétale, dans l’éthanol de titre approprié.
Les teintures titrées sont uniquement définies par leur teneur en constituants possédant une activité thérapeutique connue.
Extraits mous ou fermes
Les extraits mous ou fermes sont des préparations semi-solides préparées par évaporation ou évaporation partielle du solvant ayant servi à leur extraction.
Extraits secs
Les extraits secs sont des préparations solides obtenues par évaporation du solvant ayant servi à leur production.
Lorsque cette évaporation est réalisée dans un nébulisateur l’extrait sec ainsi obtenu est appelé nébulisat. Il se présente sous forme pulvérulente et est particulièrement hygroscopique.
Oléorésines
Les oléorésines sont des extraits semi-solides composés d’une résine en solution dans une huile essentielle et/ou une huile grasse, et sont obtenues par évaporation du (des) solvant(s) ayant servi à leur production.
Teintures mères pour préparations homéopathiques
Les teintures mères pour préparations homéopathiques sont des préparations liquides, obtenues par l’action dissolvante d’un véhicule approprié sur des matières premières. Ces dernières sont généralement utilisées à l’état frais ou, parfois, sous forme desséchée. Elles peuvent également être obtenues à partir de sucs végétaux avec ou sans addition d’un véhicule. Pour certaines préparations, les matières à extraire peuvent subir un traitement préalable.
Les teintures mères pour préparations homéopathiques sont obtenues par macération, digestion, infusion, décoction, fermentation ou, comme décrit dans les monographies individuelles, en utilisant généralement de l’alcool de titre approprié. Elles sont obtenues en utilisant des proportions fixes de matières premières et de solvant, en tenant compte de la teneur en eau de la matière première, sauf exception justifiée et autorisée.
Lorsque des plantes fraîches sont utilisées, des procédés adéquats sont mis en œuvre pour garantir la fraîcheur. Les autorités compétentes peuvent exiger que la fraîcheur soit démontrée par un essai approprié. Les teintures mères pour préparations homéopathiques sont généralement limpides. Au repos, elles peuvent présenter un léger sédiment qui est acceptable à condition que la composition de la teinture n’en soit pas modifiée de manière significative. Le procédé de fabrication est défini de sorte qu’il soit reproductible.
Objet et limites de la phytothérapie
La phytothérapie donne lieu actuellement à une automédication importante, souvent sur la foi d’informations plus ou moins sérieuses. Le pharmacien, par sa formation pluridisciplinaire en botanique, chimie, pharmacognosie, pharmacologie, pharmacotechnie et thérapeutique, est le plus apte à conseiller le malade. Il devra savoir le diriger éventuellement vers un médecin pour que soit posé le diagnostic qui permettra d’éviter une utilisation inappropriée, voire dangereuse, des plantes médicinales.
Les indications thérapeutiques retenues pour les médicaments de phytothérapie sont des pathologies bénignes, pouvant être prises en charge dans le cadre d’une automédication, sans consultation médicale.
A noter que depuis l’entrée en vigueur le 01/05/2011 de la Directive 2004/24/CE du Parlement européen et du Conseil du 31 mars 2004 modifiant, en ce qui concerne les médicaments traditionnels à base de plantes, la directive 2001/83/CE instituant un code communautaire relatif aux médicaments à usage humain , tous les nouveaux médicaments à base de plantes doivent répondre à la nouvelle réglementation européenne.
Au niveau européen on distingue deux types de médicaments de phytothérapie :
Médicaments d’usage traditionnel : pour lesquels il y a la reconnaissance d’une « efficacité plausible » dans une indication précise, liée à une tradition d’utilisation en Europe et non pas sur l’existence d’études cliniques (existence de données d’utilisation datant de plus de 30 ans dont au moins 15 en Europe, pour cette indication thérapeutique). Cette validation, donnée par le groupe HMPC de l’Agence Européenne des Médicaments, est conditionnée par une absence de toxicité de la plante et de ses différentes préparations.
Médicaments d’usage bien établi : pour lesquels il existe suffisamment de données cliniques répondant aux critères de la médecine basée sur les preuves (« Evidence-based medicine »). Dans ce cas, un usage bien établi est reconnu spécifiquement pour la plante, uniquement pour la préparation de plantes ayant bénéficié de ces études (poudre, extraits…) dans l’indication et à la posologie rapportée dans ces études.
Le comité des médicaments à base de plantes (HMPC) émet des avis scientifiques sur les substances et préparations à base de plantes, ainsi que des informations sur les utilisations recommandées et les conditions de sécurité, au nom de l’Agence européenne des médicaments (EMA).
Il a commencé à dresser une liste de monographies de plantes (ou de préparations) avec des indications d’usage traditionnel ou d’usage médical bien établie s. Des monographies communautaires sont élaborées pour chaque plante avec des informations concernant la forme d’emploi, la posologie, la voie d’administration, les indications, les effets indésirables potentiels, les précautions d’emploi… Plus de 200 monographies ont déjà été adoptées que l’on trouve sur le site de l’EMA à la page Monographies et entrées de liste de l’Union européenne au niveau de la rubrique « Herbal: Monographies à base de plantes de l’Union européenne ».
Préparations magistrales
Le pharmacien se doit de ne délivrer à l’officine que des préparations magistrales réalisées sous sa propre responsabilité et de conseiller des plantes médicinales de qualité pharmaceutique et des spécialités ayant obtenu une AMM.
Plantes médicinales en vente libre
Plantes médicinales vendues par des non pharmaciens
Les plantes ou parties de plantes médicinales inscrites à la pharmacopée qui figurent dans la liste publiée en 2008 peuvent, sous la forme que la liste précise, être vendues par des personnes autres que les pharmaciens (Décret 2008-841 du 22 août 2008 – J.O. du 22 août 2008 ).
La vente hors pharmacie impose l’absence d’indications thérapeutiques sur le conditionnement et l’interdiction du mélange des plantes entre elles ou à d’autres espèces
Plantes autorisées dans les compléments alimentaires
- que sont comprises à la fois les plantes entières incluant les algues, les champignons et les lichens, les parties de plantes, incluant les cultures de cellules et les préparations obtenues à partir des matières premières végétales
- que ces plantes et préparations à base de plantes :
- sont à utiliser dans des compléments alimentaires «à des fins nutritionnelles ou physiologiques»
- qu’elles peuvent être employées seules ou en mélange
- qu’elles doivent faire l’objet d’une identification et caractérisation permettant d’en garantir la qualité.
Remarques :
- Les « préparations de plantes » décrites comprennent toutes les formes galéniques classiques y compris les huiles essentielles.
- Dans la liste publiée figure un certain nombre de plantes à caractère strictement médicinal (ex : plantes à dérivés anthracéniques)
Aujourd’hui le statut d’un ingrédient, sa présence possible dans un complément alimentaire peut être vérifiée sur le site gouvernemental : https://compl-alim.beta.gouv.fr/accueil
En conclusion, on remarquera que dans le circuit officinal (et hors officine), les produits de santé à base de plantes ont maintenant des statuts généralement non médicamenteux (compléments alimentaires, produits cosmétiques, dispositifs médicaux…) qui doivent inciter à un examen critique lors de leur référencement. De plus, de nombreux médicaments à base de plantes sont vendus par internet. Ils sont particulièrement exposés, de par leur nature et leur statut, à des risques de falsifications. Pour toutes ces raisons, le pharmacien a un devoir de vigilance face à la survenue d’effets secondaires, ainsi que de déclaration, auprès de l’ANSM (pharmacovigilance, cosmétovigilance, matériovigilance) ou de l’Anses (nutrivigilance, pour les compléments alimentaires). Ces déclarations peuvent être effectuées sur le site internet de ces agences ou via le portail de signalement des événements sanitaires indésirables.
Exemples de drogues végétales avec les principales indications thérapeutiques
(en dehors des plantes en vente libre)
| Nom Français | Nom Latin | Famille | Partie utilisée | Indications Thérapeutiques |
| Armoise commune | Artemisia vulgaris | Asteraceae | Feuille,sommité fleurie | Dysménorrhées (51)Perte d’appétit (81) |
| Arnica | Arnica montana | Asteraceae | Capitule | Ecchymoses (14) |
| Artichaut | Cynara scolymus | Asteraceae | Feuille | Rétention digestive (45-151) Insuffisance biliaire (61) |
| Bleuet | Centaurea cyanus | Asteraceae | Capitule | Irritation oculaire (102) |
| Boldo | Peumus boldus | Monimiaceae | Feuille | Rétention digestive (45) Insuffisance biliaire (61) |
| Bourdaine | Frangula alnus (Rhamnus frangula) | Rhamnaceae | Ecorce de tige | Constipation (L1) |
| Bourse à pasteur | Capsella bursa-pastoris | Brassicaceae | Parties aériennes | Insuffisance veineuse, hémorroïdes (17-18-20) |
| Busserole | Arctostaphylos uva-ursi | Ericaceae | Feuille | Rétention hydrique (151) Infections urinaires (153) |
| Fumeterre | Fumaria officinalis | Fumariaceae | Parties aériennes fleuries | Rétention digestive (45) Insuffisance biliaire (61) |
| Genêt à balai | Cytisus scoparius (Sarothamnus scoparius) | Fabaceae | Fleur | Rétention rénale (45-151) |
| Hamamélis de Virginie | Hamamelis virginiana | Hamamelidaceae | Feuille | Insuffisance veineuse, hémorroïdes (17-18-20) |
| Harpagophyton | Harpagophytum procumbens | Pedaliaceae | Racine secondaire tubérisée | Douleurs articulaires (131-132) |
| Henné | Lawsonia alba (L. inermis) | Lythraceae | Feuille | (Matière colorante) |
| Hysope | Hysopus officinalis | Lamiaceae | Feuille,sommité fleurie | Affections bronchiques Rhume (113-122) |
| Maïs | Zea mays | Poaceae | Style | Rétention rénale (45-151)Surcharge pondérale (85) |
| Marrube blanc | Marrubium vulgare | Lamiaceae | Sommité fleurie | Affections bronchiques Toux (111-113) |
| Mélilot | Melilotus officinalis | Fabaceae | Sommité fleurie | Fragilité capillaire, Insuffisance veineuse (15-16-17-18-20) Troubles digestifs (41-43) Nervosité, insomnie (95) Irritations oculaires (102) |
| Millepertuis(ne pas utiliser avant exposition solaire) | Hypericum perforatum | Hypericaceae | Sommité fleurie | Dermatoses, érythèmes (30-32) Manifestations dépressives légères et transitoires (161) Maux de gorge (142) |
| Noyer | Juglans regia | Juglandaceae | Feuille | Insuffisance veineuse, Hémorroïdes (17-18-20) Pelliculose, érythèmes(26-30-32) Diarrhées (47) Maux de gorge (142) |
| Orthosiphon | Orthosiphon stamineus | Lamiaceae | Tige feuillée | Rétention rénale (45-151)Surcharge pondérale (85) |
| Panama | Quillaja smegmadermos (Q. saponaria) | Rosaceae | Ecorce du tronc | Dermatoses (30) |
| Passiflore | Passiflora incarnata | Passifloraceae | Parties aériennes | Nervosité, insomnie (95) |
| Pervenche (petite) | Vinca minor | Apocynaceae | Feuille | Insuffisance circulatoire cérébrale |
| Petit houx (Fragon épineux) | Ruscus aculeatus | Liliaceae | Organes souterrains | Insuffisance veineuse, hémorroïdes (17-18-20) |
| Pied de chat (espèce pectorale) | Antennaria dioïca | Asteraceae | Capitule | Toux (111) Maux de gorge (142) |
| Piloselle (Epervière piloselle) | Hieracium pilosella | Asteraceae | Plante entière | Rétention rénale (45-151) |
| Plantain | Plantago major Plantago media Plantago lanceolata | Plantaginaceae | Feuille | Dermatoses (30) Irritations oculaires (102) Constipation (L2) |
| Plantain de l’Inde (Ispaghul) | Plantago ovata (P. ispaghula) | Plantaginaceae | Graine | Constipation (L2) |
| Psyllium | Psyllium afra (P. psyllium, ) P. indica (P. arenaria) | Plantaginaceae | Graine | Troubles digestifs (43) Constipation (L2) |
| Prêle des champs | Equisetum arvense | Equisetaceae | Parties aériennes fleuries | Rétention rénale (45-151) Surcharge pondérale (85) |
| Primevère | Primula veris (P. officinalis) Primula elatior | Primulaceae | Fleur,racine | Dermatoses (30) Toux (111) Hygiène buccale (144) |
| Quinquina | Cinchona pubescens (C. succirubra) Cinchona calisaya Cinchona ledgeriana | Rubiaceae | Ecorce de tige | Pelliculose (26) Grippe (71) Perte d’appétit (81)Déficit pondéral (87) |
| Salicaire | Lythrum salicaria | Lythraceae | Sommité fleurie | Insuffisance veineuse, hémorroïdes (17-18-20) Diarrhées (47) Maux de gorge (142) |
| Saponaire | Saponaria officinalis | Caryophyllaceae | Parties aériennes, racine – souche radicante | Troubles digestifs (41) |
| Séné | Cassia sp. C. senna (C. acutifolia) C. angustifolia | Cesalpiniaceae | Foliole, fruit | Constipation (L1) |
| Souci (des jardins) | Calendula officinalis | Asteraceae | Capitule,fleur | Plaies, dermatoses, érythèmes (22-30-32) Maux de gorge (142) |
| Tussilage (espèce pectorale) | Tussilago farfara | Asteraceae | Capitule | Irritation oculaire (102) Toux (111) |
| Valériane officinale | Valeriana officinalis | Valerianaceae | Organes souterrains | Nervosité, insomnie (95) |
Listes des indications thérapeutiques retenues dans le cahier de l’Agence n°-3
Les indications sont représentées par des nombres qui ne se suivent pas ;
Les indications correspondant à une administration orale sont codées par des nombres impairs, les indications correspondant à une administration locale sont codées par des nombres pairs.
Elles ne sont plus officielles mais ont servi à l’élaboration des mélanges de plantes autorisés par la monographie «Mélange pour tisanes».
| N° | INFORMATIONS DU PUBLIC | |
| 11 | Voie orale | Traditionnellement utilisé pour réduire la nervosité des adultes, notamment en cas de perception exagérée des battements cardiaques (palpitations) après avoir écarté toute maladie cardiaque. |
| 13 | Voie orale | Traditionnellement utilisé dans le traitement des troubles circulatoires mineurs. |
| 14 | Usage local | Traditionnellement utilisé dans le traitement symptomatique des ecchymoses (bleus). |
| 15 | Voie orale | Traditionnellement utilisé dans le traitement symptomatique des troubles fonctionnels de la fragilité capillaire cutanée, tels que ecchymoses, pétéchies, etc. |
| 16 | Usage local | Traditionnellement utilisé dans le traitement symptomatique des troubles fonctionnels de la fragilité capillaire cutanée, tels que ecchymoses, pétéchies, etc. |
| 17 | Voie orale | Traditionnellement utilisé : dans les manifestations subjectives de l’insuffisance veineuse, telles que jambes lourdes ; dans la symptomatologie hémorroïdaire. |
| 18 | Usage local | Traditionnellement utilisé dans les manifestations subjectives de l’insuffisance veineuse telles que jambes lourdes. |
| 20 | Usage local | Traditionnellement utilisé dans la symptomatologie hémorroïdaire. |
| 22 | Usage local | Traditionnellement utilisé pour le traitement des petites plaies après lavage abondant (à l’eau et au savon) et élimination des souillures. |
| 23 | Voie orale | Traitement utilisé dans les états séborrhéiques de la peau (peau grasse). |
| 24 | Usage local | Traitement utilisé dans les états séborrhéiques de la peau (peau grasse). |
| 26 | Usage local | Traditionnellement utilisé dans les démangeaisons et desquamations du cuir chevelu avec pellicules. |
| 30 | Usage local | Traditionnellement utilisé comme traitement d’appoint adoucissant et antiprurigineux des affections dermatologiques, comme trophique protecteur dans le traitement des crevasses, écorchures, gerçures et contre les piqûres d’insectes. |
| 32 | Usage local | Traditionnellement utilisé en cas de coups de soleil, de brûlures superficielles et peu étendues, d’érythèmes fessiers. |
| 34 | Usage local | Traditionnellement utilisé chez l’enfant dans les poussées dentaires douloureuses. |
| 41 | Voie orale | Traditionnellement utilisé dans le traitement symptomatique des troubles digestifs, tels que ballonnement épigastrique, lenteur à la digestion, éructations, flatulence. |
| 43 | Voie orale | Traditionnellement utilisé comme traitement adjuvant de la composante douloureuse des troubles fonctionnels digestifs. |
| 45 | Voie orale | Traditionnellement utilisé pour faciliter les fonctions d’élimination urinaire et digestive. |
| 47 | Voie orale | Traditionnellement utilisé dans le traitement symptomatique des diarrhées légères. Attention : toute diarrhée importante expose au risque de déshydratation, surtout chez le nourrisson et l’enfant de moins de 30 mois, et nécessite une consultation urgente du médecin. |
| 49 | Voie orale | Traditionnellement utilisé dans le mal des transports. |
| 51 | Voie orale | Traditionnellement utilisé dans les règles douloureuses. |
| 61 | Voie orale | Traditionnellement utilisé comme cholérétique et cholagogue. |
| 63 | Voie orale | Traditionnellement utilisé dans le traitement symptomatique des troubles fonctionnels digestifs attribués à une origine hépatique. |
| 71 | Voie orale | Traditionnellement utilisé dans les états fébriles et grippaux. |
| 81 | Voie orale | Traditionnellement utilisé pour stimuler l’appétit. |
| 83 | Voie orale | Traditionnellement utilisé dans les asthénies fonctionnelles (états de fatigue passagers). |
| 85 | Voie orale | Traditionnellement utilisé comme adjuvant des régimes amaigrissants. |
| 86 | Usage local | Traditionnellement utilisé comme adjuvant des régimes amaigrissants. |
| 87 | Voie orale | Traditionnellement utilisé pour faciliter la prise de poids. |
| 91 | Voie orale | Traditionnellement utilisé comme antalgique (céphalées, douleurs dentaires). |
| 92 | Usage local | Traditionnellement utilisé comme antalgique (céphalées, douleurs dentaires). |
| 93 | Voie orale | Traditionnellement utilisé dans la prévention des céphalées. |
| 95 | Voie orale | Traditionnellement utilisé dans le traitement symptomatique des états neurologiques des adultes et des enfants, notamment en cas de troubles mineurs du sommeil. |
| 102 | Usage local | Traditionnellement utilisé en cas d’irritation ou de gêne oculaire due à des causes diverses (atmosphère enfumée, effort visuel soutenu, bains de mer ou de piscine, etc.). Attention : à réserver aux affections mineures, si les symptômes augmentent ou persistent plus de deux jours, consulter un médecin. Ne pas utiliser : – lorsque l’irritation s’accompagne de pus (paupières collées le matin au réveil) – en cas de douleur vive, de choc direct, de blessure. Consulter alors rapidement un médecin. |
| 111 | Voie orale | Traditionnellement utilisé dans le traitement symptomatique de la toux (toux bénignes occasionnelles). Attention : si la toux persiste, consulter le médecin. |
| 113 | Voie orale | Traditionnellement utilisé au cours des affections bronchiques aiguës bénignes. Attention : si les troubles persistent, consulter le médecin. |
| 114 | Usage local | Traditionnellement utilisé au cours des affections bronchiques aiguës bénignes. Attention : si les troubles persistent, consulter le médecin. |
| 122 | Usage local | Traitement utilisé en cas de nez bouché, de rhume. |
| 131 | Voie orale | Traditionnellement utilisé dans le traitement symptomatique des manifestations articulaires douloureuses mineures (tendinites, foulures). |
| 132 | Usage local | Traditionnellement utilisé dans le traitement symptomatique des manifestations articulaires douloureuses mineures (tendinites, foulures). |
| 142 | Usage local | Traditionnellement utilisé par voie locale (collutoire, pastille) comme antalgique dans les affections de la cavité buccale et/ou du pharynx (maux de gorge, enrouements passagers). |
| 144 | Usage local | Traditionnellement utilisé en bain de bouche, pour l’hygiène buccale. |
| 151 | Voie orale | Traditionnellement utilisé pour favoriser l’élimination rénale de l’eau. |
| 153 | Voie orale | Traditionnellement utilisé comme adjuvant des cures de diurèse dans les troubles urinaires bénins. |
| 155 | Voie orale | Traditionnellement utilisé comme adjuvant dans les troubles de la miction d’origine prostatique (à n’utiliser qu’après diagnostic médical). |
| 161 | Voie orale | Traditionnellement utilisé dans les manifestations dépressives légères et transitoires |
| L1 | Voie orale | Traitement de courte durée de la constipation occasionnelle (laxatif stimulant l’évacuation intestinale). |
| L2 | Voie orale | Traitement symptomatique de la constipation (laxatif modificateur de la consistance des selles). |
Aromathérapie
Il convient de dissocier, d’une façon très claire, la phytothérapie de l’aromathérapie ; cette dernière fait appel à des mélanges complexes concentrés dont l’usage nécessite précaution et rigueur. Certaines huiles essentielles nécessitent des règles précises d’utilisation. Il est donc conseillé au pharmacien voulant s’intéresser à l’aromathérapie de compléter sa formation et d’acquérir une réelle compétence dans un domaine où les utilisateurs potentiels sont souvent mal informés.
Les huiles essentielles
Les matières premières sont les essences extraites de certaines drogues végétales et dénommées officiellement « Huiles essentielles » depuis la IXe édition de la Pharmacopée française.
Les huiles essentielles (H.E.) sont considérées comme des « préparations » à base de plantes (§11 de l’article R.5121 du CSP). Elles sont des produits de composition complexe renfermant des substances volatiles (et parfois des composants lourds peu volatils). Elles sont obtenues à partir des végétaux à l’aide de trois procédés :
- l’entraînement à l’aide de la vapeur d’eau
- l’expression à froid pour les H.E. de zestes de Citrus
- la distillation sèche sans ajout d’eau ou de vapeur d’eau.
Une huile essentielle est le plus souvent séparée de la phase aqueuse par un procédé physique n’entraînant pas de changement significatif de sa composition. Seuls les produits obtenus à l’aide de l’une ou l’autre de ces méthodes ont droit à l’appellation d’huiles essentielles.
Les H.E. portent normalement le nom de la plante dont elles sont extraites. Ceci pose le problème déjà ardu de l’identification d’une espèce botanique alors même que les H.E. portent parfois des dénominations commerciales qui peuvent être trompeuses ; à cela s’ajoute le problème des hybridations, des chimiotypes ou chémotypes (races chimiques), des facteurs écologiques et géographiques, du cycle végétatif, des mutations dues à des facteurs exogènes…
Les H.E.présentent des actions dans des domaines variés mais les expérimentations in vitro, in vivo ou clinique sont très difficiles à interpréter et à mener à cause de la multiplicité et de la fragilité de leurs constituants. D’où l’impérieuse nécessité de n’utiliser que des H.E. de qualité pharmaceutique dont on connaît la composition qualitative et quantitative.
L’utilisation rationnelle des H.E. en thérapeutique passe donc par une standardisation indispensable pour établir des normes nationales et internationales auxquelles devront répondre toutes les H.E. commerciales. Ces normes décrivent avec précision les caractéristiques physico-chimiques et chromatographiques que doit avoir une H.E. de qualité reconnue, une constance de composition chimique entraînant une constance d’effets thérapeutiques. Ces travaux de standardisation sont menés parallèlement par les pharmacopées et diverses commissions d’experts :
- AFNOR : Association Française de NORmalisation
- ISO : International Organization for Standardization
- Commission de normalisation du Syndicat national des fabricants et importateurs d’H.E…
Il existe une monographie générale “Huiles essentielles” n°2098 à la Pharmacopée européenne. En l’absence de monographies spécifiques inscrites à la Pharmacopée, le pharmacien se doit d’utiliser des H.E. conformes aux normes déjà établies par d’autres organismes, qui seules peuvent garantir une reproductibilité de l’activité pharmacologique.
Les H.E., utilisées en aromathérapie, malgré leur fort potentiel thérapeutique et leur toxicité, font l’objet d’une réglementation imprécise:
Les H.E.pures et leurs mélanges relèvent ainsi :
- soit pour leurs mélanges du statut de préparation officinale inscrite au Formulaire National pour les mélanges sous forme liquide destinés à l’inhalation, à la voie cutanée ou à la voie orale ;
- soit du statut de compléments alimentaires ;
- soit du statut de produit cosmétologique ;
- voire même du statut de dispositif médical.
Certaines H.E. relèvent d’un statut de produits chimiques/parfum d’ambiance. Selon leur statut, les H.E.dépendent à chaque fois d’une réglementation spécifique qui, de plus, n’est pas toujours respectée.
Les huiles essentielles qui ne relèvent pas du monopole pharmaceutique sont en vente libre et distribuées par différents circuits (pharmacien, magasins spécialisés, internet etc.).
Liste des huiles essentielles dont la vente au public est réservée aux pharmaciens :
- Armoise arborescente (Artemisia arborescens L.)
- Armoise blanche (Artemisia herba alba Asso)
- Armoise commune (Artemisia vulgaris L.)
- Chénopode vermifuge (Chenopodium ambrosioides L. et Chenopodium anthelminticum L.)
- Grande absinthe (Artemisia absinthium L.)
- Hysope (Hyssopus officinalis L.)
- Moutarde jonciforme (Brassica juncea [L.] Czernj. et Cosson)
- Petite absinthe (Artemisia pontica L.)
- Rue (Ruta graveolens L.)
- Sabine (Juniperus sabina L.)
- Sassafras (Sassafras albidum [Nutt.] Nees)
- Sauge officinale (Salvia officinalis L.)
- Tanaisie (Tanacetum vulgare L.)
- Thuya (Thuya plicata Donn ex D. Don.)
- Thuya du Canada ou cèdre blanc (Thuya occidentalis L.) et cèdre de Corée (Thuya koreaenensis Nakai) dits « cèdre feuille »
Ces quinze huiles essentielles sont identifiées comme ayant un rapport bénéfice/risque négatif en raison de leurs propriétés neurotoxique (absinthe, thuya, sauge officinale), irritante (sabine, moutarde), phototoxique (rue) ou cancérigène (sassafras).
Dès 2008, l’ANSM a émis une recommandation à l’intention du public et des professionnels sur le fait que les huiles essentielles ne doivent pas être considérées comme “des ingrédients courants mais comme des substances particulières non dénuées d’effets secondaires”.
Elles ne doivent pas revendiquer d’indications thérapeutiques dès lors que leur composition n’est pas garantie au regard de leur effet thérapeutique potentiel.
Les préparations officinales à base d’H.E.
Trois notes techniques Pro Pharmacopea (N° 1281, 1282, 1283) portant sur des monographies de préparations officinales à base d’huiles essentielles ont été publiées au Formulaire national avec une mise en application au 1er janvier 2023. Ces trois monographies permettent au pharmacien d’officine de préparer des mélanges d’huiles essentielles à l’officine.
- Mélanges d’huiles essentielles destinés à l’inhalation (2023) (01/01/2023)
- Mélanges d’huiles essentielles destinés à une application cutanée (2023) (01/01/2023)
- Mélanges d’huiles essentielles destinés à la voie orale (2023) (01/01/2023)
Il est prévu dans ces textes que les mélanges ne comportent au maximum que trois huiles essentielles présentes sur les listes publiées en annexes I de chaque note technique. Chaque huile essentielle citée doit posséder une monographie à la Pharmacopée française ou européenne et être conforme aux exigences de sa monographie spécifique. Une liste exhaustive des huiles essentielles entrant dans le champ d’application de chacune de ces notes techniques figure en annexe I. Dans certaines de ces monographies il est précisé les excipients utilisables. De plus, dans ces notes figurent de nombreux renseignements concernant, entre autres, les contre-indications, les précautions d’emploi et des mises en garde des mélanges des huiles essentielles sélectionnées. Ces mises en garde sont :
- la neurotoxicité : les huiles essentielles contenant certains dérivés terpéniques (camphre, eucalyptol, menthol, pinènes, terpinène-4-ol) ont été associées à des effets indésirables neurologiques graves (convulsions, somnolence, agitation) en particulier chez l’enfant. Elles ne doivent pas être utilisées dans la population pédiatrique et chez les adultes ayant des antécédents de convulsions ou d’épilepsie,
- le risque allergique : en cas de réaction allergique, suspendre le traitement,
- la phototoxicité : ne pas s’exposer au soleil dans les jours suivant l’utilisation de l’huile essentielle de bergamote.
Quelques contre-indications et recommandations sur l’emploi des huiles essentielles en aromathérapie :
- Chez les nourrissons CI <3 ans – Toutes voies d’administration confondues
- Éviter chez l’enfant de moins de 7 ans
- En inhalation (risque de bronchospasme) CI <12 ans
- CI quel que soit l’âge si antécédent de convulsion et épilepsie
- Les huiles essentielles expectorantes riches en 1,8-cinéole (Ex : Eucalyptus globulus, E. radiata) sont contre-indiquées chez les personnes asthmatiques : risque de crise asthmatiforme
- Levomenthol et camphre quel que soit la voie d’administration
- CI <3 ans (normes spécifiques pour les produits cosmétiques)
- Ne pas utiliser chez la femme enceinte (formellement 1er trimestre – déconseillé ensuite)
- Ne pas utiliser chez la femme allaitante
- Nécessité de faire un test de tolérance avant la première délivrance.
Les huiles essentielles ne doivent pas être utilisées de façon prolongée (au-delà de quelques jours) sans avis médical
Si aucune amélioration n’est observée après quelques jours d’utilisation, il convient de consulter un médecin.
Enfin, de nombreuses huiles essentielles étant photosensibilisantes, il ne faut pas s’exposer au soleil en cas d’application locale.
Divers produits utilisables en aromathérapie
En l’absence d’indications du prescripteur c’est l’H.E. officinale ou celle qui fait l’objet de normes de l’AFNOR ou de l’ISO que doit délivrer le pharmacien. Mais le médecin peut aussi prescrire soit des produits dérivés des H.E. soit des produits odorants également extraits des végétaux mais qui ne peuvent prétendre à l’appellation d’H.E.
Produits odorants qui ne sont pas des H.E.
Les « extraits » obtenus à l’aide :
- de solvants organiques (ce sont les essences concrètes et les essences absolues)
- de CO2 supercritique
- d’enfleurage par des corps gras (jasmin-tubéreuse)
Produits dérivés des H.E.
Les huiles essentielles peuvent subir un traitement ultérieur approprié ayant pour but l’élimination totale ou partielle d’un constituant ou d’un groupe de constituants.
- H.E. rectifiées obtenues par distillation fractionnée pour éliminer certains constituants considérés comme impuretés
- H.E. déterpénées qui sont débarrassées des hydrocarbures terpéniques et sesquiterpéniques considérés comme irritants et sans intérêt thérapeutique, alors que corrélativement la concentration en constituants actifs augmente
- H.E. partiellement privées d’un composant
On peut citer aussi des produits qui ne devraient jamais faire l’objet d’une utilisation thérapeutique :
- H.E. renforcées par addition d’un (ou plusieurs) constituant(s) synthétique(s) ou naturel(s)
- H.E. reconstituées par mélange des principaux constituants présents dans l’H.E. naturelle.
On trouve sur le marché , à l’heure actuelle, proposées par certains fournisseurs, des H.E ayant les labels suivants : label Bio, label AB qui correspondent à des normes européennes concernant la production des plantes et les labels H.E.B.B.D et H.E.C.T, établis par des laboratoires commercialisant des H.E., assurant une régularité de qualité :
- H.E.B.B.D. Huile Essentielle Botaniquement et Biologiquement Définie
- H.E.C.T. Huile Essentielle ChemoTypée
La notion de chémotype (ou chimiotype) doit être désormais prise en compte.
La composition d’une huile essentielle étant complexe, les composés ne sont pas immuables. Pour une même plante aromatique, différents facteurs tels l’ensoleillement, l’altitude, la nature et la composition du sol peuvent influer sur la biosynthèse végétale. Afin de différencier, dans une même espèce, cette variation chimique, on utilise le terme de chimiotype ou race chimique. Le chimiotype d’une huile essentielle ne signifie pas pour autant que le constituant chimique précisé soit fortement majoritaire, il peut être seulement à un faible taux, mais sa seule présence justifie une indication thérapeutique précise. Ainsi, l’huile essentielle de Romarin, de l’espèce Rosmarinus officinalis présente 3 chimiotypes différents et par la même 3 indications différentes : l’HECT Rosmarinus officinalis à camphre a des propriétés anti-inflammatoires, celle à cinéole est antiseptique pulmonaire et mucolytique, enfin celle à verbénone est cholagogue et hépatoprotectrice.
Formes d’utilisation
Les H.E. peuvent être présentées « en nature », diluées et sous forme microencapsulées. Cette présentation permet l’utilisation simultanée de plusieurs H.E. dans la même gélule sans risque d’interaction. Elle permet aussi d’éviter l’odeur désagréable de certaines H.E. et les protège contre les facteurs d’oxydation.
Objet, limites et risques de l’aromathérapie
Les H.E. représentent des concentrés par rapport aux principes aromatiques contenus dans les drogues végétales, mais ce sont des concentrés incomplets puisque tous les constituants du végétal ne sont pas présents dans l’H.E. Par ailleurs, les composés aromatiques du végétal ont pu subir, lors de leur extraction, diverses modifications (hydrolyse – oxydation – polymérisation) entraînant la formation d’artefacts modifiant l’action des huiles essentielles.
En conséquence les H.E. sont plus actives mais aussi plus toxiques que la drogue dont elles sont extraites, mais elles ne reproduisent pas obligatoirement l’action de la drogue totale.
En l’absence d’une expérimentation sérieuse, on ne peut pas s’appuyer sur l’usage traditionnel de la drogue et sur son innocuité pour en déduire l’activité et la non toxicité de l’H.E. correspondante.
Les expérimentations in vitro ou in vivo sont très difficiles à interpréter et à mener à cause de la multiplicité et de la fragilité des constituants d’une H.E.
D’où l’impérieuse nécessité de n’utiliser que des H.E. dont on connaît la composition qualitative et quantitative, au moins pour les composés principaux jugés représentatifs de l’activité, ce qui implique d’établir par C.P.G. un profil chromatographique caractéristique pour chaque H.E.
Les H.E. présentent des actions très variées, mais on peut cependant trouver une certaine constance dans l’action antiseptique, bactériostatique, qui se retrouve à des degrés différents, chez de nombreuses H.E. Cette activité s’apprécie in vitro par la technique de l’aromatogramme comparable à celle de l’antibiogramme et permet de définir un indice aromatique permettant de classer l’HE en trois classes : les huiles essentielles majeures, moyennes, et aléatoires. Cependant, si l’extrapolation des conclusions de l’aromatogramme est justifiée lorsqu’il s’agit d’un usage local, elle est beaucoup plus difficilement défendable pour un usage par voie générale car la concentration obtenue au niveau du site d’action est très inférieure à la dose minimale inhibitrice déterminée in vitro.
Les huiles essentielles peuvent avoir une grande efficacité dans certaines indications, mais également représenter un réel danger. Les substances actives des huiles essentielles peuvent induire un risque d’effets indésirables graves consécutifs à une utilisation non adaptée et non contrôlée. Le pharmacien doit avant tout, se méfier d’une éventuelle toxicité, et mettre en garde les patients. En effet, certaines huiles essentielles nécessitent des règles précises d’utilisation.
Quelques contre-indications et recommandations sur l’emploi des huiles essentielles en aromathérapie :
- Chez les nourrissons CI <3 ans – toutes voies d’administration confondues
- Éviter chez l’enfant de moins de 7 ans
- En inhalation (risque de bronchospasme) CI <12 ans
- CI quel que soit l’âge si antécédent de convulsion et épilepsie
- Levomenthol et camphre quelle que soit la voie d’administration
- CI <3 ans (normes spécifiques pour les produits cosmétiques)
- Ne pas utiliser chez la femme enceinte (formellement 1er trimestre – déconseillé ensuite)
- Ne pas utiliser chez la femme allaitante
- Nécessité de faire un test de tolérance avant la première délivrance.
L’aromathérapie ne pourra devenir une thérapeutique à part entière que si elle est d’une part étayée par des expérimentations cliniques valables dont la mise en œuvre est très complexe et d’autre part que si elle est encadrée par un dispositif législatif et réglementaire rigoureux.
Il est donc conseillé au pharmacien voulant s’intéresser à l’aromathérapie de compléter sa formation et d’acquérir une réelle compétence dans un domaine où les utilisateurs potentiels sont souvent mal informés.
Huiles essentielles dont la vente au public est réservée aux pharmaciens
Quinze huiles essentielles, en raison de leur toxicité, font partie du Monopole pharmaceutique. Elles ne peuvent être délivrées qu’en pharmacie (Article D. 4211-13 du CSP).
- Armoise arborescente (Artemisia arborescens L.)
- Armoise blanche (Artemisia herba alba Asso)
- Armoise commune (Artemisia vulgaris L.)
- Chénopode vermifuge (Chenopodium ambrosioides L. et Chenopodium anthelminticum L.)
- Grande absinthe (Artemisia absinthium L.)
- Hysope (Hyssopus officinalis L.)
- Moutarde jonciforme (Brassica juncea [L.] Czernj. et Cosson)
- Petite absinthe (Artemisia pontica L.)
- Rue (Ruta graveolens L.)
- Sabine (Juniperus sabina L.)
- Sassafras (Sassafras albidum [Nutt.] Nees)
- Sauge officinale (Salvia officinalis L.)
- Tanaisie (Tanacetum vulgare L.)
- Thuya (Thuya plicata Donn ex D. Don.)
- Thuya du Canada ou cèdre blanc (Thuya occidentalis L.) et cèdre de Corée (Thuya Koreaenensis Nakai) dits « cèdre feuille »
Ces quinze huiles essentielles sont identifiées comme ayant un rapport bénéfice/risque négatif. Il est préférable de ne pas les délivrer. Elles ne sont disponibles que dans le circuit pharmaceutique en raison de leurs propriétés neurotoxiques (absinthe, thuya, sauge officinale), irritante (sabine, moutarde), phototoxique (rue) ou cancérigène (sassafras).
Plantes toxiques et allergisantes
L’Anses a publié (juin 2021) des fiches d’information sur les plantes à risque de toxicité pour la santé humaine en application de l’arrêté du 4 septembre 2020 relatif à l’information préalable devant être délivrée aux acquéreurs de végétaux susceptibles de porter atteinte à la santé humaine (https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000042325453).
58 végétaux ont ainsi été identifiés sur les plantes pouvant être toxiques :
- en cas d’ingestion (19 plantes dont par exemple le laurier rose, la digitale pourpre, l’if commun)
- en cas de contact avec la peau, la bouche et les yeux (10 plantes dont par exemple les euphorbes, le caladium)
- en cas de contact avec la peau suivie d’une exposition au soleil (6 plantes dont l’angélique et le dictame blanc)
- et pouvant entraîner une allergie respiratoire par le pollen (23 arbres et herbacées).
Pour chaque plante, des fiches ont été élaborées par l’Anses (pour les trois premières catégories) et le Réseau national de surveillance aérobiologique (pour la dernière).
Les fiches comportent par exemple pour les plantes toxiques par ingestion :
- le nom commun et le nom scientifique de la plante
- la photographie
- la description de la toxicité
- les parties toxiques de la plante
- les signes cliniques de l’intoxication
- les mesures à prendre en cas d’ingestion
- les numéros des Centres antipoison.
Remarque :
A partir du 1er juillet 2021, une information a dû être obligatoirement délivrée au consommateur sur les lieux de vente de végétaux. Cette information concerne les végétaux à risque de toxicité pour la santé humaine cultivés et commercialisés comme plantes d’intérieur ou d’extérieur, dont certains peuvent également pousser dans le milieu naturel.
Bibliographie
- Pharmacopée française 11e édition
- Pharmacopée européenne 12e édition
- J. BRUNETON, Pharmacognosie – Phytochimie – Plantes médicinales, Ed. Tec et Doc Lavoisier – Paris – 5e édition – 2016
- J. BRUNETON, Phytothérapie – Les données de l’évaluation, Ed. Tec et Doc Lavoisier – Paris – 2002
- J. BRUNETON, Plantes toxiques, végétaux dangereux pour l’Homme et les animaux, Ed. Tec et Doc Lavoisier – Paris – 3e édition – 2005
- M. WICHTL, R. ANTON, Plantes thérapeutiques – Tradition, pratique officinale, science et thérapeutique, Ed. Tec et Doc – EM Inter – 2e édition – 2003
- E. TEUSCHER, R. ANTON, A. LOBSTEIN, Plantes aromatique, Ed. Tec et Doc Lavoisier Paris 2005
Sites internet :
- www.legifrance.fr
- ANSM : http://ansm.sante.fr/Activites/Pharmacopee/La-Pharmacopee-francaise-11e-edition/La-Pharmacopee-francaise-11e-edition
- European Medicines Agency : Human regulatory – Herbal products
- https://phytomedia.univ-angers.fr/fr/index.html (correspond à l’actualisation de l’ouvrage J. BRUNETON, Plantes toxiques, végétaux dangereux pour l’Homme et les animaux, Ed. tec et Doc Lavoisier – Paris – 3e édition – 2005).