Le conseil nutritionnel

Mise à jour : septembre 2026

Généralités

On parle de nutrition, mais quelle différence existe-t-il avec la notion d’Alimentation ?

Alimentation : correspond au fait de s’alimenter, se nourrir via des aliments comprenant des nutriments, qui sont les macronutriments (glucides, lipides, protides) et les micronutriments (vitamine, minéraux, oligoéléments).

Nutrition : est un terme utilisé en santé publique, qui désigne le processus par lequel un être vivant va assimiler les aliments pour assurer son bon fonctionnement. Par exemple, les glucides permettront de fournir de l’énergie nécessaire au bon fonctionnement des muscles et du cerveau.

Et selon l’OMS, la nutrition est l’apport alimentaire répondant aux besoins de l’organisme. Une bonne nutrition est un régime adapté et équilibré associé à une pratique régulière d’activité physique.

L’équilibre alimentaire

L’équilibre alimentaire doit être atteint chez un individu ; ses apports alimentaires, diversifiés, doivent couvrir ses besoins énergétiques, qui sont eux-mêmes déterminés par les dépenses de son organisme. En effet, les aliments vont apporter des substrats nécessaires à la production d’énergie. Il faut donc que nos apports énergétiques soient égaux à nos dépenses énergétiques.

Pas de bonne santé sans cet équilibre alimentaire. Dans le cas d’une balance énergétique négative ou positive, il y aura modification de la composition corporelle. Il est classique d’expliquer que l’excès de poids, résulte d’apports caloriques supérieurs aux besoins énergétiques de l’individu.

L’alimentation variée

Une bonne pratique nutritionnelle repose sur la consommation de produits variés et en quantité adaptée, permettant ainsi d’apporter l’ensemble des nutriments nécessaires au bon fonctionnement de notre organisme. Il faut donc aussi se baser sur les qualités nutritionnelles des aliments (riche en protéines, riche en vitamine C…) et sur leur fonction.

  • Les aliments bâtisseurs assurent la construction et le renouvellement des muscles de l’organisme (aliments riches en protides : viande, poisson, œufs, produits laitiers…)
  • Les aliments énergétiques sont une source indispensable d’énergie. Ils sont en quelque sorte le carburant de notre organisme. (aliments riches en glucides et en lipides).
  • Les aliments fonctionnels permettent le bon fonctionnement de l’organisme (aliments riches en vitamines, minéraux, oligo-éléments, fibres : fruits et légumes, oméga 3, eau …).

Assurer un apport satisfaisant en micronutriments est important et ceci, d’autant que certains micronutriments, comme les vitamines hydrosolubles ne sont pas stockées dans l’organisme : vitamine C et vitamines du groupe B (sauf exception de la vitamine B6 et B12).

La répartition alimentaire

La quantité d’aliments consommée chaque jour (ration alimentaire), doit être bien répartie sur la journée et sur les trois repas principaux.

La répartition alimentaire journalière se fait selon les proportions suivantes : 

  • 50 à 55% de glucides
  • 30 à 35% de lipides
  • 10 à 15% de protéines

En résumé, pour une bonne santé, la base est de manger de tout, en quantités adaptées. Une alimentation variée et diversifiée permettra d’apporter tous les micronutriments nécessaires à l’organisme. Le déséquilibre nutritionnel est le premier facteur de risque de perte d’années de vie en bonne santé, devant le tabac et l’alcool. On attribue en effet 40% des cancers à une mauvaise alimentation, d’après le site de l’INCA

Les besoins nutritionnels

Les besoins nutritionnels varient selon le sexe, l’âge, ainsi que l’intensité et la durée de l’activité physique pratiquée. Pour exemple, les hommes, notamment, du fait de leur masse musculaire plus importante que les femmes, ont des besoins énergétiques plus élevés. Bien entendu, les besoins varient aussi selon l’état de santé d’un individu ou de son état physiologique (femmes enceintes, enfants, personnes âgées). Il a été établi des références nutritionnelles comme la Référence Nutritionnelle pour la population (RNP). Cette référence a remplacé le terme Apport Nutritionnel Conseillé » (ANC) et indique les quantités de constituants alimentaires à consommer chaque jour pour une bonne santé, permettant de couvrir les besoins de 97,5 % de la population. Dans le cas où on ne pourrait pas calculer cette valeur de référence ou qu’elle est jugée insuffisante, on se basera sur une autre valeur de référence nutritionnelle : l’apport satisfaisant (AS) correspondant l’apport moyen pour lequel le statut nutritionnel est jugé satisfaisant, pour une population.

Il faudra penser à adapter ces besoins nutritionnels dans certaines situations physiologiques ou pathologiques. Pour exemple, les apports en protéines sont à augmenter chez les personnes âgées afin d’éviter la fonte musculaire, avec un apport de 1,2 g/kg PC/j. Les enfants, les adolescents, les femmes enceintes et les personnes âgées ont des besoins spécifiques, notamment en termes de calories, de protéines, de vitamines et de minéraux.

Des recommandations spécifiques existent pour ces populations à risque, pouvant développer des troubles physiologiques du fait d’apports nutritionnels non adaptés.

  • Femmes en âge de procréer ou enceintes : luttes contre les déficiences en folates, lutte contre les carences en fer ;
  • Enfants et les adolescents : lutte contre les carences en fer, en calcium et amélioration du statut en vitamine D ;
  • Personnes âgées : lutte contre la dénutrition (apport en protéines), amélioration de l’apport en calcium.

Exploration médicale du statut nutritionnel

Chez un patient, il est important d’identifier un problème nutritionnel et si possible de façon mesurable. L’évaluation clinique et biologique du statut nutritionnel sont des aides notamment pour le dépistage de pathologies comme la dénutrition ou l’obésité.

  • La mesure de données anthropométriques (poids, taille, indice de masse corporelle (IMC), tour de taille…), est un des outils utilisés dans cette démarche d’évaluation du statut nutritionnel.
  • Les signes cliniques, comme des changements au niveau de la peau, des cheveux, des ongles, peuvent également orienter vers des troubles comme les carences nutritionnelles.
  • L’analyse biologique de différents marqueurs sanguins ou urinaires, aide à l’identification de désordres nutritionnels.

Voici quelques exemples :

  • Albumine sérique : évaluation de la dénutrition.
  • La créatininurie : évaluation de la masse musculaire et du catabolisme protéique.
  • Dosage sanguin vitamines et minéraux : identification des carences
  • Le bilan lipidique (cholestérol total, LDL, HDL, triglycérides) : évaluation du risque cardiovasculaire.

Les outils à disposition

Le Programme national nutrition santé (PNNS) :

Ce programme a pour objectif principal, l’amélioration de l’état de santé de la population et ceci en opérant sur un des déterminants majeurs, la nutrition. Le terme de nutrition implique d’agir sur l’alimentation, mais également l’activité physique et la sédentarité.

Les différents repères présents dans le PNNS, sont accessibles sur le site Santé publique France. Ce programme est décliné en plusieurs mesures, dont notamment l’action 19 : diffuser les nouvelles recommandations du PNNS et faciliter leur mise en œuvre. 

Un document de synthèse, à destination des professionnels de santé, est également disponible sur Santé Publique France incluant les nouvelles recommandations et donnant des conseils pratiques pour parler d’alimentation avec le patient. Ces recommandations sont présentées en version simplifiée, plus facilement utilisable avec le patient.

Il est également possible de télécharger des brochures à destination du patient comme celles sur « 50 petites astuces pour manger mieux et bouger plus », ou « Pour un mode de vie plus équilibré, commencez par : Augmenter / Aller… ».

Le site www.mangerbouger.fr

Ce site est une boîte à outils avec :

  • La fabrique à menus aide le patient dans sa planification des repas, avec une centaine de recettes à réaliser. 
  • Les affiches avec les recommandations
  • Des guides alimentaires pour des populations spécifiques comme les femmes enceintes, les adolescents…
  • Un test de niveau d’activité physique et de sédentarité des adultes. 
  • Un catalogue d’activité physique (ex : rester actif en télétravail 10 idées d’exercices à combiner dans la journée, des idées de mouvements à faire pendant la grossesse…). 

Dans l’onglet Ressources Pro, on va retrouver des documents, MOOC, liens utiles…

Ciqual – Centre d’information sur la qualité des aliments :

Ciqual est une banque de données sur la composition nutritionnelle des produits alimentaires sur l’ANSES.

Nutri-Score

Il est important de parler et d’expliquer au patient le Nutri-Score, car ce logo présent sur les produits alimentaires, lui permet de choisir, lors des courses, les produits plus sains. Le A vert foncé désigne un produit avec les meilleures qualités nutritionnelles et le E orange foncé les moins bonnes.

Une brochure explicative est téléchargeable sur le site manger.bouger.fr, avec pourquoi utiliser le Nutri-Score et comment bien l’utiliser. 

Le Nutri-Score correspond à 100 g ou 100 ml de produit :

  • Il tient compte des nutriments à favoriser (fibres, protéines, fruits, légumes, légumes secs…) – des nutriments à limiter (calories, sucres simples, AG saturés, sel…) ;
  • Il ne tient pas compte des additifs et des pesticides.

Pour tous les produits ne disposant pas à ce jour du Nutri-Score, un outil de calcul est disponible sur Santé Publique France en accès libre. Cet outil permet de le calculer à partir de la composition nutritionnelle du produit alimentaire.

Le site de l’ANSES :

L’ANSES propose des moyens de communication sur des recommandations alimentaires spécifiques. En effet, pour être un bon allié, notre alimentation doit être saine. La présence de contaminants (agents pathogènes, toxiques…) peut engendrer des impacts négatifs. On retrouve, par exemple, des recommandations sous forme de flyer ou d’affiche.

Sur l’ANSES, on peut retrouver l’ensemble des références nutritionnelles pour les vitamines et les minéraux ainsi que les Limites supérieures de sécurité (LSS) correspondant à l’apport journalier maximal afin de ne pas engendrer un risque pour la santé des consommateurs.

Le Réseau NACRe :

Le réseau NACRe (Réseau Nutrition Activité physique Cancer Recherche) propose des outils et supports accessibles en ligne, dans le thème spécialisé « nutrition et cancer ». En effet, selon l’International Agency for Research on Cancer, 16 % des nouveaux cas de cancer chez les hommes et 20 % chez les femmes pourraient être évités grâce à une prévention nutritionnelle en jouant sur des facteurs comme l’alimentation, l’obésité, l’activité physique et l’alcool. Sur ce site, en plus de la prévention primaire, des conseils nutritionnels sont également apportés pendant et après le cancer.